Affaires étrangères / International

Bilan du Sommet Interparlementaire G5 Sahel de Paris du 13 décembre 2018

Share this post

LE SOMMET INTERPARLEMENTAIRE DE PARIS SUR LE G5 SAHEL a réuni, le 13 décembre dernier à l’Assemblée nationale,  quelque 75 parlementaires issus des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) et des pays contributeurs de l’Alliance Sahel (Allemagne, Italie, Finlande, France, Pays-Bas, Parlement européen). Sept présidents d’Assemblée nationale (1) y ont participé ainsi que les représentants des bailleurs de fonds et forces de sécurité internationales engagés au Sahel.

Ce Sommet, unique en son genre, était co-organisé par l’Assemblée nationale, à l’invitation de son Président Richard Ferrand, en partenariat avec le Secrétariat permanent du G5 Sahel, l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF), le Sénat, et avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD). J’en étais à la fois son initiateur et son Secrétaire général.

Il ne s’agissait pas d’un colloque d’analystes sur le Sahel et ses défis mais bien l’occasion pour nous parlementaires de présenter nos attentes et celles des populations sahéliennes aux acteurs de la sécurité et du développement dans la région. Cette journée de diagnostic et de propositions a permis à ces opérateurs civils et militaires de la coopération au Sahel de nous rendre compte de leurs actions sur le terrain.

Autour du Président de l’Assemblée nationale, M Richard Ferrand, étaient réunis, pour la photo officielle, les Présidents des Assemblées du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad, de l’Italie et moi-même, Secrétaire général du Sommet.

Le Sommet est le résultat d’un an de travaux avec des réunions préparatoires sur place, l’adoption de résolutions dans le cadre de l’APF à Erevan (Arménie), à Praia (Cap-Vert) et à New-York. Tout ceci, main dans la main avec les députés-points focaux de chaque Assemblée sahélienne : MM. Halidou Sanfo (Burkina Faso), Belco Ba (Mali), Lemrabott Bennahi (Mauritanie), Abdou Issaka (Niger) et Jacques Laouhingamayé Dingaomaibe (Tchad).

Concrétisé le 17 juillet 2018, à Niamey (Niger), avec l’adoption par les parlements sahéliens, européen et français, de la Résolution intitulée « Renforcer le contrôle parlementaire pour faire réussir le G5 Sahel », ce travail de longue haleine s’est ainsi poursuivi à Paris.

L’enjeu de l’initiative est de taille : il s’agit de permettre aux parlementaires d’être mieux informés afin d’être des acteurs à part entière des partenariats de développement au Sahel.

QUATRE GRANDES SÉQUENCES ONT ANIME LE SOMMET

  • La première séquence, animée par mes collègues Jean-Jacques Bridey, Président de la commission de la Défense de l’Assemblée, et Marielle de Sarnez, Présidente de la commission des Affaires étrangères, traitait des problématiques de défense et de sécurité.

Les plus hauts responsables militaires ont ainsi pu échanger avec les parlementaires sahéliens et européens : le chef d’État-Major de l’Armée française, le Général François Lecointre ; le chef d’État-Major de la force européenne EUTM, le Général Daniel Grammatico ; la Sous-Secrétaire générale au maintien de la paix de l’ONU, Mme Bintou Keita ; le chef d’État-Major de la force conjointe du G5 Sahel, le Général Hanena Ould Sidi.

  • La seconde séquence, modérée par Mme Mireille Clapot, vice-présidente de la Commission des Affaires étrangères, mettait l’accent sur le rôle prépondérant des femmes dans le développement et la sécurité.

Les témoignages des députées sahéliennes et européennes ont été mis en relation avec les actions des partenaires internationaux comme l’ONU, représentée par Mm Bintou Keita, l’AFD ou encore l’Agence de Développement du Luxembourg.

  • La troisième séquence, présidée par mes collègues Valérie Thomas et Hubert Julien-Lafferière, nous a permis de débattre de notre diagnostic et de nos priorités en termes de développement avec les parlementaires sahéliens et européens ainsi qu’avec les bailleurs de fonds.
  • Enfin, la quatrième et dernière séquence, que j’ai moi-même animé, portait sur le dialogue interparlementaire G5 Sahel.

 

DES CONCLUSIONS FINALES ADOPTEES A L’UNANIMITE

Ces différentes séquences, qui ont donné lieu à de riches débats, nous ont donné l’occasion d’aboutir à des conclusions finales adoptées à l’unanimité des parlementaires présents :

  • Les parlements ont exprimé leur soutien aux recommandations de la Résolution de Niamey « Renforcer le contrôle parlementaire pour faire réussir le G5 Sahel » dans le respect des textes régissant le G5 Sahel ;
  • Les parlements souhaitent voir mieux reconnu le rôle des femmes dans le développement et la sécurité. A cette fin, ils appuient les efforts permettant aux femmes d’être mieux représentées dans les instances élues ;
  • Les forces de sécurité se sont montrées ouvertes à la démarche de transparence engagée par les parlementaires sahéliens ;
  • Les partenaires techniques et financiers ont accueilli positivement la contribution des parlements dans l’amélioration de la gouvernance et ont décidé de renforcer leur communication vis-à-vis des parlementaires pour leur permettre la mise en œuvre des actions de contrôle de la résolution ;
  • Des opérations pilotes pourront être lancées en ce sens, notamment en matière de contrôle des politiques publiques, conformément aux attributions des parlementaires ;
  • Les statuts du Comité interparlementaire G5 Sahel ont été présentés aux parlementaires, qui ont souligné l’intérêt de sa mise en place.

Tous les participants se sont accordés sur le fait de dire que le Sommet a été un succès. Place maintenant au travail des parlementaires sahéliens sur le terrain, qui doit monter en puissance dans les prochains mois.

Aux côtés de M. Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale française, M. Ousseini Tinni, président de l’Assemblée nationale du Niger, pays qui préside le G5 Sahel. Elu à la tête du Comité interparlementaire G5 Sahel, M. Tinni sera chargé du suivi et de la mise en œuvre des recommandations issues de la Résolution de Niamey.

 

(1) Alassane Bala Sakande, Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso,  M. Bajan Ag Hamatou, vice-président de l’Assemblée nationale du Mali ; M. Cheikh Ahmed Baye, Président de l’Assemblée nationale de Mauritanie ; M. Ousseini Tinni, Président de l’Assemblée nationale du Niger ; M. Haroun Kabadi, Président de l’Assemblée nationale du Tchad ; M. Richard Ferrand, Président de l’Assemblée nationale française ; M. Roberto Fico, Président de la Chambre des députés d’Italie.

 

Pour aller plus loin :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Articles Similaires