L’export en crise, la compétitivité des entreprises, notre cheval de bataille

 

Les années passent et le déficit structurel de notre commerce extérieur ne cesse de s’accroître. Résultat d’une perte de compétitivité continue de notre industrie depuis les années 2000. Avec, pour conséquence sociale, la destruction de centaines de milliers d’emplois.

Le gouvernement en a pris la mesure, et entend redonner des moyens aux entreprises françaises, notamment les PME, qui veulent faire le pari de l’innovation et faire preuve d’audace sur les marchés étrangers. L’heure est plus que jamais à la mobilisation.

Les chiffres sont alarmants. Alors que la France enregistrait des excédents de sa balance commerciale dans les années 90, ce n’est plus le cas depuis 2002. Selon les derniers chiffres publiés cet été, le déficit du commerce extérieur s’est encore dégradé à 34,4 milliards d’euros au premier semestre de 2017. Accélération des importations, en particulier dans les industries aéronautique, spatiale et chimique, faible progression des exportations expliquent notamment cette nouvelle glissade. Hormis la Chine (notre plus gros déficit), ce déséquilibre est dû à nos échanges avec les pays européens, Allemagne, Pays-Bas et Italie dans le trio de tête.
Certes, la hausse des importations reflète non seulement un regain de croissance dans l’Hexagone mais elle témoigne aussi d’un effort d’investissement dans l’appareil productif de nos entreprises, notamment d’équipements industriels en provenance d’Allemagne. A terme, ce mouvement devrait améliorer la compétitivité de notre industrie.
Notons égalementque la balance des services est redevenue excédentaire au premier semestre de 2017, permettant ainsi à notre balance courante de se rapprocher de l’équilibre.
Cependant, à ce rythme, le déficit de notre balance commerciale atteindra, cette année, un niveau record de quelque 60 Mds d’euros. Un gouffre qui n’est pas sans conséquence sur le marché du travail puisqu’il représente plus de 800.000 emplois perdus !
Peut-on ainsi continuer à vivre avec ce talon d’Achille de l’économie française sans en mesurer à terme les graves conséquences sociales et politiques ? La réponse du gouvernement est non !

Renforcer la compétitivité prix de nos entreprises

Au cours du dernier quinquennat, des actions ont été engagées dans ce sens (baisse du coût du travail et allégement de prélèvements obligatoires, simplification de la vie des entreprises, soutien à l’innovation). Mais cette politique de l’offre, via notamment la mise en place du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice), s’est révélée sans effet positif sur nos échanges commerciaux.  
Ces mesures trop timides ont été repensées et redimensionnées par le gouvernement d’Edouard Philippe car la France a besoin d’un électrochoc en faveur de l’export. On sait en effet qu’au-delà des mesures techniques significatives visant à redonner de l’élan et de la confiance à nos entreprises, l’innovation reste le nerf de la compétition économique mondiale et cet effort dans la recherche et le développement est crucial pour l’avenir de notre économie. C’est le sens des mesures fiscales décidées et annoncées par l’exécutif. Citons épar exemple la baisse des charges sociales sur le coût du travail, qualifié et non qualifié. Signalons aussi la baisse de l’impôt sur les sociétés, passant due 33 % à 28% dès cette année pour les PME réalisant un chiffre d’affaires de moins de 500 000 €. Ce sont des moyens supplémentaires pour l’investissement et l’innovation.

Faire preuve d’un esprit conquérant à l’export

Il appartient aux chefs d'entreprise - et notamment aux trop rares ETI ou PME qui exportent- d’être plus audacieux, conquérants et opportunistes, à l’image de leurs concurrents européens.
La France compte aujourd’hui 125.000 entreprises exportatrices. Les pouvoirs publics comptent porter ce chiffre à 200.000 à la fin du quinquennat.
Elles peuvent aussi bénéficier, de façon indirecte, de l’effet très important que l’élection d’Emmanuel Macron sur l’image de la France à l’étranger.  
Aussi sachons saisir toutes les opportunités pour faire fructifier le « made in France » à l’export !
L’accompagnement public de nos entreprises à l’export a connu des améliorations, par la simplification du dispositif et le ciblage de nos ETI par la BPI et Business France. Il faut continuer dans ce sens et mettre en place des guichets uniques régionaux pour accompagner les PME vers l'international et conforter à l’arrivée la mobilisation du réseau diplomatique français. Des améliorations doivent être apportées au soutien financier à l’export et à la politique d’assurance crédit.
D’une façon plus générale, l’ensemble de nos initiatives, législatives ou réglementaires, devront beaucoup mieux intégrer leur impactsur notre capacité exportatrice et notre attractivité pour les investisseurs étrangers. C‘est un défi que la nouvelle assemblée doit être prête à relever.

Jacques Maire

Jacques Maire Officiel