La conjoncture de rentrée: une opportunité à saisir

Depuis le début de l’année, la croissance est de retour en Europe, soutenue par une conjoncture favorable : baisse de l’euro, faiblesse des taux d’intérêt et prix du pétrole.
Cet été, pour la première fois depuis janvier 2015, la devise européenne a néanmoins repassé le seuil de 1,20 dollar pour un euro, en grande partie du fait d’un repli des autres devises.
Pour l’heure, cet euro fort peut inquiéter nos entreprises exportatrices et amener la Banque Centrale Européenne à infléchir sa politique monétaire. Pourtant, regardons plutôt la santé de notre devise commune comme un signe positif car elle est le résultat d’une conjoncture meilleure, qui attire les capitaux et accroit la confiance.

Pour notre économie, c’est une opportunité à saisir pour renforcer notre compétitivité face à un lourd déficit commercial. Les entreprises françaises sont-elles prêtes à relever le défi de la croissance et de l’export ?

Les entreprises françaises enfin prêtes ?

Différentes enquêtes montrent un redressement de la situation des entreprises françaises depuis quelques mois. C’était déjà le cas avec celle de la Direction Générale des Entreprises et de BPI France réalisée au printemps pour les ETI. Cette dynamique s’est renforcée depuis les élections avec le dernier baromètre trimestriel des TPE françaises (moins de 20 salariés) réalisé en juillet par l’IFOP pour Fiducial.

Elle se fonde d’abord sur des facteurs objectifs. Le redressement de la trésorerie des entreprises, quoique encore légèrement négatif, retrouve, avec un gain de 10 points en un trimestre, son niveau d’avant la crise. L’emploi repart, 14% des entreprises ayant embauché en moyenne 1,8 personne au deuxième trimestre. Un tel niveau n’avait été atteint qu’une seule fois, en 2006. En revanche, les dépenses d’investissement des TPE restent faibles car liées à l’état de leurs prévisions de ventes et de leurs carnets de commande.
Ces petites entreprises créent l’essentiel de l’emploi privé en France. Or 60% des patrons de TPE se déclarent optimistes quant à leur activité, en faisant référence au contexte politique.
Ainsi 62% des chefs d’entreprise se disent plutôt satisfaits de l’élection d’Emmanuel Macron et de l’action du gouvernement (59%). Surtout près des trois-quarts des patrons semblent persuadés que la nouvelle donne -notamment avec des députés et ministres issus de la société civile- améliorera la politique en faveur du développement des entreprises, de la croissance et de l’emploi ainsi que l’évolution nécessaire du modèle social français.

Accompagner le retour de la confiance par la mise en oeuvre des réformes

Toujours selon le baromètre de l’IFOP, les deux tiers des patrons de TPE accordent du crédit à Emmanuel Macron et au gouvernement d’Edouard Philippe pour améliorer la situation de la France, notamment par la politique européenne, l’éducation ou la croissance.
Bien que les dirigeants de TPE craignent des mouvements sociaux, une grande majorité d’entre eux est favorable à la réforme du code du travail et 50% d’entre eux pensent qu’elle favorisera l’emploi dans les petites entreprises.

Transformer en profondeur le dialogue social, tel est l’objectif défini par les ordonnances présentées fin août. Elles sont un levier essentiel, parmi d’autres, pour mener à bien une « nouvelle politique pour l’emploi », selon les mots du Premier ministre, en attaquant le chômage par tous les angles.

Deuxième étape du programme de travail sur la rénovation du modèle social, la réforme de l’assurance-chômage, de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Les travaux doivent commencer fin septembre en concertation avec les partenaires sociaux, qui seront mis à contribution car ils en tirent une partie de leur financement. On sait déjà que l’Etat va consacrer 15 milliards d’euros sur cinq ans en faveur notamment de ceux qui en ont le plus besoin: les jeunes, les seniors peu qualifiés et les moins de 25 ans sans diplôme.
Entretemps, des mesures visant à redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs indépendants viennent d’être présentées, notamment par le biais d’un allègement des contraintes fiscales pour les auto-entrepreneurs, avec au passage la fin programmée du RSI en 2018.

Pour la première fois depuis longtemps, les entreprises sont prêtes à jouer le jeu de la croissance et estiment que les pouvoirs publics vont les y aider et non les freiner.
Pour la première fois, la France se classe au premier rang mondial des nations les plus influentes en matière de « soft power »(1), devant les Etats-Unis, selon l’étude américaine publiée en juillet par le Centre de diplomatie de Californie du Sud et le cabinet de conseil Portland.

Toutes les conditions sont réunies pour engager le redressement du « made in France », à condition que chacun - entrepreneurs, partenaires sociaux et pouvoirs publics - prenne le risque de l’audace et sache saisir les opportunités de croissance.

La République en Marche est plus que jamais engagée, en cette rentrée 2017, par son programme de transformation de la société au bénéfice de toute cette énergie française qui ne demande qu’à s’ébrouer.

 

(1)     Le « soft power » désigne la capacité d’influence et de persuasion d’un Etat, de ses acteurs politiques, économiques et culturels sur la scène internationale, en excluant tout moyen militaire. L’étude établit un classement en fonction de plusieurs critères-clés, comme l’opinion internationale du pays, le réseau diplomatique, l’influence numérique ou encore la perception de l’accueil touristique des étrangers.

Jacques Maire Officiel